Parcours d’une reconversion réussie dans le vin.

Il n’est pas toujours aisé de réorienter sa carrière et de changer de branche professionnelle, tout particulièrement en France où les recruteurs cherchent des profils dont l’expérience a été acquise au sein de milieux professionnels bien spécifiques. Il est très courant de travailler, au fil de sa carrière, dans plusieurs entreprises concurrentes, dans la même industrie et sur des fonctions similaires. Changer de secteur professionnel ou de fonction relève du défi pour la plupart d’entre nous. C’est une prise de risque, souvent chargée de compromis, qui demande du courage et de la persévérance.

Pour ma part, diplômée d’une grande école de commerce, j’avais démarré, relativement brillamment, une carrière dans la vente et le marketing dans l’électronique et le divertissement. En 10 ans, j’ai embrassé 5 fonctions différentes dans 3 pays différents. J’ai travaillé pour des multinationales et également au sein de grosses PME. A la sortie de mon école, m’investir dans le milieu de l’électronique n’avait pas été un choix, mais cela avait été une très belle opportunité de démarrer ma carrière auprès d’un groupe de renom qui a su d’ailleurs développer mes compétences et me faire évoluer. Avec le recul, c’était un excellent choix.

Pourtant, à l’occasion de mon retour d’expatriation en Chine et après 10 ans de parcours professionnel, je ne rêve que d’une chose, changer de voie et travailler dans un milieu qui me passionne : le vin. Mon mari étant muté à Bordeaux, je suis ravie d’entamer mon projet de reconversion, confiante de trouver une fonction commerciale chez un négociant bordelais. C’est à mon arrivée à Bordeaux en 2015, dans la ville où l’on ne parle quasiment que de vin (enfin plus précisément de vin de Bordeaux), que j’entends parler pour la première fois des formations du WSET, le Wine & Spirit Education Trust.

J’étais activement à la recherche d’une nouvelle opportunité professionnelle (c’est comme ça que l’on dit : on ne cherche pas du boulot dans la sphère commerciale), pleinement consciente qu’il fallait que j’enrichisse mon CV d’une formation sérieuse dans le vin et l’œnologie pour optimiser mes chances de recrutement. J’ai cherché à rejoindre les bancs de l’université du vin de Bordeaux ou un programme MBA spécialisé dans les vins et spiritueux à l’INSEEC ou KEDGE Business School mais toutes ces formations ne proposaient que des cursus à plein temps, d’un an minimum. L’investissement temps et argent était trop important alors que mon objectif principal était de me réinsérer dans la vie professionnelle.

Je me renseigne alors sur les formations du WSET, niveau 1, 2 et 3. Elles sont courtes et intensives, entre 3 à 6 jours de cours en salle accompagnés de travail personnel. Elles sont axées sur la connaissance des vins du monde et sur les grandes dynamiques de ce marché. A chaque niveau, de nombreuses dégustations de vins du monde entier sont prévues. Je suis très alléchée. Cela me semble parfaitement adapté à mon projet.

Je démarre par le niveau 2 à Bordeaux avec l’excellente éducatrice, Tracey Dobbins et son bel accent anglais canadien.

Quelle belle surprise de déguster une douzaine de vins par jour et d’apprendre à les comprendre : cépages, environnement, vinification, arômes, structure ! Nous apprenons à les cracher, élégamment aussi, pour éviter la crise de foie et les maux de tête !

L’approche de chacune des régions viticoles est certes succincte. Nous ne dégustons que 1 ou 2 vins par région productrice, mais elle me permet déjà de calibrer mon palais et de structurer mes connaissances.

J’ai l’impression de redécouvrir le vin et de comprendre enfin pourquoi j’aime tant les vins blancs complexes de Bourgogne et le Porto Tawny, entre autres…

Les profils des étudiants qui partagent ma formation sont assez variés. Il y a des amateurs, des propriétaires de domaines viticoles, des cavistes, des banquiers et aussi des demandeurs d’emploi. De retour à la maison, je ne peux m’empêcher de partager toutes ces nouvelles connaissances avec ma famille et mes amis. J’analyse chaque verre de vin. Mes demandes auprès de cavistes du coin sont de plus en plus affutées. Je réussis même à découvrir (parfois) des vins, à l’aveugle, au restaurant.

Je décide alors de poursuivre vers le niveau 3, un niveau avancé où j’aurai l’opportunité de déguster encore plus de vins, 80 sont prévus au programme. Il s’agit d’aller plus en détail en terme de connaissances des régions viticoles. Le niveau d’exigence est beaucoup plus élevé. Pour l’examen il faudra déguster et commenter deux vins à l’aveugle, élaborer des réponses rédigées et répondre à une série de questions à choix multiples. Je veux relever le défi au plus vite et je choisis de passer le niveau 3 à l’Ecole du Vin de Paris. Nous sommes dans un très grand groupe, entre 25 et 28 étudiants. C’est trop, il est difficile de poser des questions et d’interagir avec les professeurs. Les éducateurs sont très professionnels mais la sélection des vins est un peu décevante, notamment en comparaison avec la magnifique sélection de vins que j’avais pu déguster lors du WSET niveau 2, à Bordeaux.

Malgré tout, l’expérience est agréable, il se crée une belle ambiance entre les candidats. Tous sont passionnés, ravis de participer à ce cours mais un peu stressés par l’examen. La formation se déroule en deux temps, je dois donc me déplacer à Paris pour deux sessions de 3 jours, examen compris. Il est important pour maximiser les chances de réussir l’examen d’avoir une période de révision de l’ordre de deux semaines entre les deux sessions. Il faut prévoir quelques 60 heures de révisions.

A l’issue de cette formation j’ai vraiment l’impression d’avoir fait d’énormes progrès dans la compréhension de la vigne, du travail dans les vignobles, dans les chais et, surtout, j’appréhende mieux l’impact de tous les facteurs naturels et humains sur la qualité des vins, leurs styles et leurs profils aromatiques. Ce que je trouve le plus remarquable dans la proposition du WSET c’est leur approche de la dégustation. Même si elle est souvent critiquée par les sommeliers de l’école française et perçue comme trop stricte et trop systématique, elle a pour vertu de calibrer son palais et d’évaluer la qualité des vins, les uns par rapport aux autres, de manière pragmatique. Pour ma part je trouve qu’elle m’a aidée à apprécier certains styles de vins que je n’appréciais pas forcément de prime abord. Cette approche de dégustation : « L’approche systématique de dégustation du vin® » est d’ailleurs une marque déposée par le WSET. Elle permet de porter un jugement qualitatif neutre, sans faire interférer ses goûts personnels.

Je me sens maintenant bien armée avec mon diplôme du WSET 3 en main pour trouver un travail dans la branche vin à Bordeaux. Je postule auprès d’agences de recrutement, auprès de négociants et même auprès de startup locales mais mon manque d’expérience professionnelle dans le vin est l’argument avancé par tous les recruteurs pour écarter ma candidature. Pas question pour autant d’abandonner, je persévère et décide de poursuivre, ne serait-ce que pour le plaisir, mon cursus WSET avec le niveau Diplôma. Un niveau expert qui se déroule en formation continue sur deux ans. Le budget de formation est assez conséquent, il faut en plus des frais d’inscription, pouvoir se déplacer à Londres pour suivre les 4 semaines de cours obligatoires puis y retourner 4 autres fois pour les examens. Mais continuer à développer mes connaissances dans un domaine qui me passionne n’a pas de prix. Je m’inscris pour démarrer le programme en janvier 2016.

Je n’imaginais pas que, peu après mon inscription, il me serait remis, en plus de mes manuels de cours, une liste d’une vingtaine de livres à me procurer et une énorme encyclopédie du vin de presque 1000 pages que je serai amenée, au fil des cours et des examens, à décortiquer presque page par page.

En parallèle, j’ai accepté une proposition professionnelle dans ma branche initiale, l’électronique, à Marseille. Pendant 18 mois, j’ai mené de front ma formation continue, presque 600 heures de travail, en plus de mon travail à temps plein. Il n’était pas question à ce stade d’abandonner mon projet de reconversion. Ces 18 mois furent un vrai marathon. L’ensemble de mes vacances a été consacré à mes déplacements à Londres pour me rendre à mes cours, à mes révisions et à mes examens. C’est grâce à la patience de mon mari et à son dévouement auprès de notre fils que j’ai pu maintenir le cap. Sans son soutien, j’aurais certainement mis plus de temps pour valider mes modules d’examens et obtenir mon diplôme. L’expérience a été très riche. J’ai rencontré à Londres de vrais passionnés de vins et des professionnels du monde entier (commerciaux, cavistes, journalistes). Ils ont partagé avec moi leurs expériences et leurs connaissances du milieu. Les professeurs étaient, pour la plupart, excellents et les cartes des bars à vin de Londres n’ont cessé de m’enivrer. J’ai découvert des vins de régions viticoles insoupçonnés : les cépages autochtones de Grèce, les styles de Sherry Andalous, les styles de vins de la célèbre région italienne de la Valpolicella, le Koshu japonais, le Carménère chilien et j’en passe. Plus je découvre, plus je souhaite déguster, apprendre et enrichir mes connaissances. Mon projet de reconversion se précise également, je réalise que j’aime me former et j’aime partager mes connaissances et les transmettre. Je souhaite, non plus travailler pour un domaine ou un négociant, mais plutôt devenir éducatrice dans le domaine du vin. Je me renseigne auprès du WSET pour ouvrir ma propre école de formation affiliée à leur groupe, que je nomme Weeno, www.weenowine.com. Je mets en route les démarches administratives et je négocie en parallèle ma rupture conventionnelle auprès de mon entreprise. Mon projet de reconversion se concrétise, mais reste à rentabiliser les investissements de départ, à trouver une clientèle et à la fidéliser. Le challenge est de taille et je ne suis pas tous les jours complètement sereine.

Je bénéficie de beaucoup de soutien, les programmes de la CCI, le suivi d’organismes tels que la BGE et Initiative Marseille m’aident à finaliser mon business plan et mes projets de développement. Je réussis à collecter plus de 60 000 euros de prêts d’honneur et bancaires pour financer mon projet. Je passe les entretiens à Station F où je suis accueillie à temps partiel au sein de leur campus de Startup à Paris dans le 13ème. Tous les voyants se mettent au vert pour me permettre de démarrer et développer mon projet. Seule l’administration de la DIRECCTE me met des bâtons dans les roues, il me faudra présenter plus de 3 fois mon dossier de candidature et attendre plus de 4 mois pour recevoir un numéro d’organisme de formation et pouvoir prétendre à faire partie des plans de financements des OPCAs dans le cadre de la formation professionnelle continue.

C’est à ce stade précoce de développement de mon entreprise que, par le réseau du WSET, je me rapproche du Château de Pommard. J’apprends que le célèbre Château, au cœur de la Bourgogne, est à la recherche d’un éducateur pour développer une école du WSET. Je prends contact pour en savoir plus et proposer mes services. Les échanges sur nos projets respectifs avec leurs équipes et leur charismatique propriétaire, M. Michael Baum, présentent de nombreux points communs et nous décidons de nous associer pour mettre en place un projet ambitieux d’éducation sur le vin et répondre aux demandes grandissantes des consommateurs de vins qui souhaitent mieux les comprendre et les apprécier. C’est une joie et une grande fierté pour moi de rejoindre un acteur majeur de la magnifique région de Bourgogne, clairement ma région viticole de cœur !

Je considère maintenant que ma reconversion dans le monde du vin est accomplie. Cela aura pris exactement deux ans de formation, de recherches et de travail pour mener à bien le projet. Les facteurs clés du succès auront été la persévérance, la passion mais surtout la qualité des programmes du WSET et la reconnaissance de leurs diplômes dans le monde entier. Je continue à travailler en partenariat avec le WSET. Toutes les écoles que nous développerons que ce soit au Château de Pommard, à Marseille ou dans d’autres villes seront affiliées à cette prestigieuse école.

Le WSET, c’est plus de 700 écoles dans le monde, dans 70 pays, des cours dispensés en 19 langues auprès de plus de 75 000 élèves par an. C’est devenu la référence de la connaissance du vin dans le monde et la formation principale des amateurs, cavistes, sommeliers et acheteurs de la filière vin. Le WSET ouvre également les portes du prestigieux institut du Master of Wine, un programme de formation continue qui se déroule en 3 -4 ans et que j’ambitionne d’ailleurs de démarrer dans les 2 années à venir.

Que vous soyez simple amateur de vin, professionnel de la restauration, caviste, acteur dans l’industrie du vin ou en projet de reconversion professionnelle dans ce domaine, je vous invite vivement à vous renseigner sur ces formations courtes et de qualité. Vous développerez vos connaissances, pourrez mieux présenter vos vins pour mieux les vendre et monter en gamme

Prochaines dates :

WSET niveau 1 : 25 mai 2018

WSET 2 : du 22 au 24 mai 2018, 

WSET 3 : 18, 19, 20 juin et 2, 3, 4 juillet 2018

Nous vous proposons les formations du WSET dans un cadre charmant, au Château de la Jouvène. Nos groupes de formation ne dépassent pas 14 étudiants. La sélection de nos vins fait la part belle aux producteurs bio et en biodynamie.

Si vous êtes loin de Marseille, rendez-vous dans quelques mois pour nos formations au Château de Pommard en Bourgogne, www.chateaudepommard.com ou retrouvez les dates de formations des autres écoles affiliées en France et dans monde sur www.wsetglobal.com

 

 

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